DM / Dark Matter

 
 

 

DM – UNE PREMIÈRE MATIÈRE

« Quatre-vingt seize pour cent du contenu de l'univers est de nature inconnue.
Les mystérieuses matière noire et énergie noire en sont-elles les composantes ?Ou bien est-ce une erreur dans l'équation d'Einstein ?
De toutes les énigmes de l'astronomie moderne, la nature de la matière noire est l'une des plus obsédantes. La plupart des astronomes pensent que de grandes quantités de matière non identifiée imprègnent l'Univers. À l'instar du public d'un spectacle de marionnettes qui déduit de ce qu'il voit la présence d'un manipulateur caché, les cosmologistes observent que la matière visible se déplace de façon inexplicable et en concluent qu'une matière invisible doit tirer les ficelles. Pourtant, cette matière refuse toujours, en dépit de toutes les objurgations, à sortir de l'ombre. »

 
 
Les ouvrages “EM” et “DM” questionnent l’idée de complexité protéiforme.
Peuvent-ils avoir un dessein, au même titre que Protée était capable de prédire l'avenir et n'y consentait que lorsqu'on l'y forçait, pouvant se métamorphoser pour se dérober à ses questionneurs? L'œuvre ici doit pouvoir se dérober sous l’œil de son spectateur à chaque moment; le saisir serait embrasser ses différentes métamorphoses afin qu’il se révèle en avenir.
Comment appréhender l'infiniment petit, ainsi que l'infiniment grand? Il y a t il une cohérence entre cet infiniment grand et cette infiniment petit du point du vue de l'homme?
 
Cette vision est simple et pour autant d'une infinie complexité car elle imbrique les notions d'échelle du temps. Quelle cohérence entre cet infiniment grand et cet infiniment petit ?
 
L’ouvrage DM pourrait induire en quelques sortes ce rapport que nous avons avec l'infiniment petit et l'infiniment grand, la position du spectateur étant celle de celui qui observe et se trouve au « centre » de ces 2 dimensions. Ce projet a pour ambition de faire sentir à celui qui l'observe cette imbrication des temps, sorte de centre métaphysique.

La volonté d’engager un projet tel que DM « Dark Matter »  découle directement d'un travail de mobilier nommé : « EM »  mis à l’étude en 2004 à la résidence d’artiste la Villa les Vallières de Clans et de sa réalisation dans le cadre d’une aide à la création.

Définition du projet:

Une ouverture vitrée faisant partie intégrante de l’architecture utilisant comme matériaux principale, un verre technique développé par St Gobain le « Priva-lite » constitué de bandes de verre extra clair entre lesquelles est placé un film à cristaux liquides (LC).
Lorsque les feuilles ne sont soumises à aucune tension électrique, les cristaux liquides encapsulés dans le film LC ne sont pas alignés et leur position désordonnée diffuse la lumière dans toutes les directions : le verre est opaque.
Dès qu'un champ électrique est établi entre les deux couches conductrices déposées sur le film, les cristaux liquides s'orientent et s'alignent : le vitrage est alors transparent.Voir animation ci-dessus.
La temporisation du passage de l’état opalin à l’état transparent est très furtive et trouve sa source dans les informations transmisent par le téléscope sous-marin ANTARES.

 

Dès 2002 la Mairie de Clans met à la disposition de l’association l'atelier expérimental une villa (villa les Vallières) que nous dédions à l’accueil d’artistes en résidence. En presque 20 ans, les actions artistiques ont naturellement engendré un projet de recherche inédit que nous appelons
« les Œuvres d’Art Embarquées dans l’Architecture ».(Embedded pièces of art in Architecture). Aujourd’hui la Mairie de Clans s’associe à l’association Atelier Expérimental et nous soutient dans nos démarches de recherche. En effet, nous envisageons la construction d’un bâtiment de 130m2.
A la fois habitation et oeuvre, ce projet a été initié par un groupe de plasticiens.
Il s’agit d’une approche particulière de la conception d’une oeuvre d’art au sein d’une architecture et de l’habitat en particulier :
- Les oeuvres seront conçues au moment de l’élaboration du plan du bâtiment qui les intègrera et ne pourront s’en extraire.
- Les oeuvres pourront générer la forme même de l’architecture, interroger ses fonctionnalités.
- L’artiste et l’architecte manifesteront leurs sens critiques dans leurs façons de réinvestir ce territoire.
Le projet a débuté avec le Cabinet d'architecture Comte et Vollenweider en 2011 – et se poursuit avec l'architecte Julien Eveille.

L'objectif du projet Antares est la construction du premier télescope sous-marin à neutrinos cosmiques de très haute énergie.

Pourquoi les neutrinos ?
Les neutrinos sont des particules élémentaires neutres (non chargées) qui interagissent faiblement avec la matière. De ce fait, ils peuvent voyager sur des distances bien supérieures aux dimensions de notre galaxie sans être déviés ni absorbés par des milieux intergalactiques.
Leur détection devrait donc permettre d'accéder aux sources les plus lointaines et les plus violentes de l'Univers, véritables accélérateurs cosmiques de très haute énergie, tels les pulsars, les restes de supernovae, les noyaux actifs de galaxies, les sursauts gamma, les trous noirs ou les quasars, et d'ouvrir ainsi une nouvelle fenêtre astronomique sur l'Univers et son évolution depuis le Big Bang.
Antares pourrait aussi contribuer à la recherche de matière noire dans notre Univers, par la détection indirecte de neutralinos. Ces particules hypothétiques, attendues dans les théories supersymétriques, sont d'excellents candidats à la matière noire car elles interagissent très peu et s'accumuleraient par gravitation au centre des corps célestes massifs, tels que la Terre, le Soleil ou le centre de notre galaxie. En s'annihilant, ils produiraient des neutrinos détectables par Antares.
Les neutrinos de haute énergie permettent aussi d'aborder de nouveaux domaines d'expérimentation sur l'infiniment petit et les interactions fondamentales.
La détection des neutrinos par le télescope Antares
Le site d'Antares se situe au sud de l'île de Porquerolles (Var) où la qualité des eaux est excellente. Les données sont transmises à la station à terre de La Seyne-sur-Mer à l'aide d'un câble électro-optique sous-marin, long d'une quarantaine de kilomètres, via une “ boîte de jonction ” qui assure l'interface entre ce câble et les lignes : elle permet de distribuer l'énergie nécessaire au fonctionnement des lignes du détecteur et de collecter les données pour leur transmission à terre.
Les signaux ainsi reçus permettent de remonter avec une excellente précision aux caractéristiques des neutrinos, en particulier à leur direction d'approche.
Antares : un observatoire pluridisciplinaire
Le détecteur Antares est aussi un observatoire sous-marin pluridisciplinaire permanent, pouvant intéresser les sismologues, les biologistes et les chercheurs en sciences de la mer. Installée aux côtés des 12 lignes de détection des neutrinos, la ligne d'instrumentation est en effet une ligne supplémentaire spécifique qui constitue une véritable plate-forme d'interface pouvant accueillir des instruments de mesure variés : courantomètres, sonde de température et de salinité, détecteurs de bioluminescence, sismographe, ... Elle fournira des mesures de propriétés océanographiques du site (température, salinité, amplitude et direction des courants…), et de propriétés sismiques et permettra l'étude in situ de la bioluminescence marine par grand fond. Les premières données dans ces domaines pluridisciplinaires du projet pourraient être obtenues dès le début du fonctionnement du détecteur Antares.
Les perspectives
Le détecteur Antares actuellement en construction ne constitue qu'une première étape vers la construction d'un instrument plus important, couvrant un volume d'environ 1 km3 qui permettra une étude précise de l'Univers avec les neutrinos. Un tel détecteur devrait être capable de révéler, par an, entre 100 et 2000 événements d'interaction de neutrinos cosmiques avec la matière et de découvrir ainsi les principales sources de neutrinos de haute énergie. La conception et la réalisation d'un tel super-télescope en Méditerranée sont d'ores et déjà étudiées en Europe par un groupe de travail auquel les membres de la collaboration Antares participent activement.
Par ailleurs, la construction d'un autre télescope, IceCube, est en cours de réalisation dans la calotte glaciaire du Pôle Sud dans le cadre d'une collaboration internationale à prédominance américaine. De par sa position géographique, celui-ci étudiera le ciel de l'hémisphère nord et sera donc complémentaire au détecteur km3 sous-marin.